Je crois que j’ai presque abandonné. Mes mots sonnaient faux à ses oreilles, les siens sont devenus des couteaux. On s’est déjà tout disséqué, reste que des petits morceaux. Je n’ai pas souhaité ce découpage, je pensais qu’on pouvait recoller, construire. Je n’accepte pas la fin.
Mes nuits je les passais déjà ailleurs. Lorsque je croyais que nous refaisions surface, qu’on pouvait reprendre pied, qu’il y avait du passé, du futur, un mot venait le tuer. Je n’accepte pas l’idée de la fin. Il me semble que si la possibilité de la fin m’apparaissait raisonnable, je saurais la choisir. Si l’on pouvait se dire calmement qu’on ne s’aime plus, je pourrais peut-être y croire, et nous pourrions alors nous en consoler.